Le "samedi de Banyas" du 3 novembre 2007

La personne homosexuelle face aux sacrements (quelques notes et souvenirs)

avec le P. Stefan Janssens

Au "Samedi de Banyas" du 3 novembre 2007, nous avons reçu le Père Stefan Janssens, archiprêtre de Senlis, pour nous parler de " La personne homosexuelle face aux sacrements ”. Nous étions 17. L'intervention de Stefan a duré plus de deux heures et demie, entrecoupée de nombreuses questions des uns et des autres. Comme d'habitude, le tout a été suivi d'un petit goûter convivial.

Après avoir précisé que l'unanimité était loin d'être faite dans l'épiscopat, il a abordé essentiellement les questions du baptême de personnes en couple homosexuel, de l'accès à l'eucharistie et au sacerdoce, et de la réconciliation.
C'était pour lui un exercice difficile, parce que, face à un public, il ne pouvait donner qu'une parole générale, donc plus "stricte" que face à une personne seule dont il connaît la vie spirituelle et le cheminement, qui lui permettent de discerner une attitude "personnalisée".

Mais d'emblée il a tenu à recadrer la question : il ne s'agit pas d'une question de droit : “ Ai-je le droit au sacrement ou pas ? ”

Dieu n'est pas esclave de ses sacrements. Ceux-ci ne sont pas magiques, donc pas le seul langage approprié pour notre relation à Dieu. Le Seigneur agit beaucoup plus largement que dans le cadre du sacrement célébré rituellement. On peut le recevoir spirituellement. Ainsi, un baptême de désir qui ne peut encore être célébré vaut mieux que des baptêmes sacramentels mais sans désir, donc sans fécondité spirituelle.

Ce qui permet au prêtre de discerner s'il convient ou non de permettre l'accès au sacrement, c'est avant tout l'orientation du cœur : ai-je le désir de me laisser travailler par la grâce, y a-t-il un chemin engagé ? Quelle est l'ouverture de mon cœur ?

Il ne s'agit pas de se focaliser sur ce qui ne va pas en nous, au risque d'être tellement remplis de notre combat ou d enotre culpabilité qu'on en vient à tourner sur nous-mêmes, mais de nous fonder sur ce qui, en nous, est déjà force pour exprimer l'amour et l'ouverture. Car dans ce que je vis actuellement, je vis déjà quelque chose de mon appel, alors béni soit Dieu de me permettre de vivre ce que je vis déjà !

Il a aussi voulu rappeler que, dans l'Eglise, il y a toujours une double référence : celle à la loi morale (qui est la visée) et celle à la loi pastorale, qui comprend ce qu'on appelle "la loi de gradualité", autrement dit : comme nous sommes en chemin – et souvent un chemin lent –, on ne peut pas demander à une personne plus que ce qu'elle peut donner actuellement.
Donc les exigences permettant la réception d'un sacrement ne sont pas les mêmes pour tout le monde, ce serait une erreur de justice.

Voilà quelques-uns de mes souvenirs. Mais je veux terminer sur une phrase qui m'a bien plu :
Ne parlons pas d'actes "contre nature" : ce qui est contre-nature, c'est de ne pas aimer…

(PS : si qu'elqu'un d'autre a pris des notes, je serai heureux de les insérer ici pour compléter ces lignes)

 


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